| Chroniques de Grèce |
Je suis venue en Grèce pour la première fois quand j'avais 13 ans.
A Athènes.
J'ai détesté.
Mes yeux d'adolescente n'ont rien trouvé de joli à cette ville bétonnée.
Une rupture et quelques années après, j'y suis retournée cette fois en crête, parce que je n'avais plus rien à perdre. Je suis tombée amoureuse de ce pays le premier jour ou j'ai posé le pied sur cette île. Et quand je l'ai quittée, je me suis promis de tout faire pour y revenir. Quatre mois plus tard, j'ai tenu ma promesse. Je vis ici.
Et moi qui n'avais plus rien à perdre, j'y ai tout gagné.
1 novembre 2009. Athènes, Grèce
Trois semaines. C'est le constat que m'a imposé la vue de mon calendrier ce matin.
Trois semaines que j'ai quitté la grisaille sombre du nord pas de calais pour m'expatrier ici, en Grèce.
Si court et si long a la fois. De ma fenêtre je vois au loin la mer et le port du Pirée.
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Je suis tombée amoureuse de ce pays...
En France j'ai toujours détesté la mer, mais celle que je vois par la fenêtre, elle est différente de celle que l'on voit chez moi.
Les plages de sable sont remplacées par les plages de galets, les Grecs y jettent leurs déchets, la transformant parfois en une véritable décharge.
Mais les quelques plages qui résistent à l'invasion des détritus valent vraiment le déplacement.
Même si on ne s'y baigne pas, même si on ne fait que la regarder, elle est d'une couleur bleue difficile a expliquer, d'un bleu qui en été fait qu'on la confond avec le ciel, et c'est vraiment une vision magnifique.
C'est juste étrange d'être ici.
Chaque jour dans la rue je croise des gens qui parlent dans une langue que je ne comprends pas, et dont je connais à peine les rudiments.
Les maisons en brique de chez moi sont remplacées par des immeubles où s'entasse une population à la fois bruyante et chaleureuse, simple mais fière.
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Bien que je sois restée à l'intérieur de l'Europe, à trois heures d'avion de chez moi, j’ai l'impression d'être transportée dans un autre monde, où les gens connaissent leurs voisins, s'interpellent par leurs prénoms dans les rues, où les hommes se serrent dans les bras sans avoir conscience que mes yeux de française trouvent ça étrange.
Je n'aime pas cette ville, où les gens s'entassent dans le métro, et ou seule l'acropole illumine le paysage. Mais si on prend le bus et qu'on s'en éloigne un peu, on découvre la vraie Grèce. Celle des îles, où les rues ne sont pas droites, où les vieux regardent passer les jeunes françaises qui ont eu l'imprudence de mettre une jupe courte au mois de novembre, où les Grecs frayent avec une foule de Pakistanais arrivés en masse, sans pour autant se sentir spoliés.
L'Eubée.
La Crête...Ces îles où je me sentais bien même si je ne comprenais pas la langue, me paraissent si éloignées de cette Athènes où les voitures circulent sans respecter aucune règle, où le klaxon règne en maître, et où les immeubles poussent comme des champignons. Ici les sourires sont rares, on croise une foule de gens pressés qui vous bousculent sans vous demander pardon.
Athènes c'est comme Paris. Cependant malgré l'abhorrassions que je peux ressentir pour les grandes villes, il se dégage de celle-ci une chaleur qui n'a rien à voir avec le soleil, et dont je ne comprends pas bien l'origine.
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| Samara Litsey |
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