| Levé de voile sur une mystérieuse toile |
Chers lecteurs, je vais vous conter une histoire bien étrange. Celle d’un voyage très spécial.
C’était bien avant le mariage d’Alia et Orlando, en octobre dernier. Alia et moi avions décidé de partir en reportage dans une des plus belles villes d’Europe, Florence. A cette époque nous avions réussi à obtenir un portoloin pour y aller et revenir. Le fait qu’on l’ait obtenu pour une somme dérisoire aurait du nous mettre la puce à l’oreille.
Mais nous étions trop enthousiasmées pour cela.
Et en le prenant à l’heure dite, nous nous sommes envolées vers la ville Florentine … à un détail près.
Quand nous avons atterri, ce qui nous a sauté aux yeux, c’était la tenue des gens. Alia m’a demandé s’il y avait un carnaval ou un festival historique en cette époque. Mais rien dans mon idée ne pouvait correspondre.
Nous avons déambulées dans les rues afin de nous rapprocher du centre mais très vite, notre tenue fit scandale. Nous avons dû nous cacher dans une porte cochère d’une petite ruelle afin de transformer nos jeans et pulls en robes d’époque. Puis nous nous sommes à nouveau mêlées à la population dans l’espoir de savoir qu’elle fête était célébrée ce jour là.
Et nous sommes tombées des nues. Il n’y avait aucun évènement spécial. C’était un jour comme les autres … en 1503. Ce maudit portoloin au rabais nous avait bien envoyées à Florence mais avec plus de 500 ans de retard. Nous avons également rencontré un autre problème. Si l’objet devait nous renvoyer à Pré-au-Lard quarante huit heures plus tard, nous l’avions visiblement égaré dans notre arrivée. Alia a donc proposé de refaire marche arrière pour le chercher. Car sans lui, nous étions dans l’incapacité de rentrer chez nous. Et encore plus maintenant que le temps s’était joué de nous.
Mais la nuit nous avait surprises et nous nous sommes retrouvées à chercher un endroit protégé pour dormir. Nous avions décidé de faire des tours de garde afin de contrer tout danger.
A mon réveil, je vis qu’Alia avait assommé deux hommes qui avaient tenté de nous... bref, ils avaient tenté et ils avaient raté.
Il nous avait fallu encore de nombreuses heures très stressantes pour retrouver ce satané porte clé Vache. Et quand l’heure du départ arriva, nous sommes tous les trois resté sur place. Nous ne l’avons su que plus tard, mais le voyage temporel avait créé des dégâts dans le sort lancé sur l’objet pour nous déplacer. Alia l’a donc gardé avec elle. Il faudrait qu’on y regarde sérieusement, mais actuellement, il nous fallait trouver un meilleur endroit pour passer la nuit qui se rapprochait à grands pas. Sans compter que si nous avions pu voler un peu de nourriture par ci par là, nos estomacs eux, étaient loin d’être satisfaits. Nous nous sommes lancées un sort qui nous permettait de comprendre et parler l’italien comme si nous étions natives de là-bas.
Un bien étrange hasard à porté nos pas au devant d’une maison florentine toute banale d’un certain point de vu. Le propriétaire de ce logement, ou du moins le locataire, arriva alors qu’on était en train de s’engueuler sur le fait que c’était de la faute de l’autre si on en était là.
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Un bien étrange hasard...
Il nous regarda, amusé, avant de nous demander ce que nous faisions devant chez lui.
Nous lui ressortîmes l’explication qu’on avait trouvée plus tôt dans la journée.
Nous voyagions avec un oncle et une tante mais nous avons été attaqués sur la route et séparés.
Nous étions donc perdues et sans ressource. Il nous invita à entrer. Il nous proposa de nous rafraichir avant qu’il ne nous fasse apporter de la nourriture.
Sa maison était étrange. Il y avait des objets bizarres un peu partout. Sur la table, des plans de machines volantes avaient été poussés pour qu’on puisse s’y installer.
Mais ce qui nous a vraiment le plus surpris fut :
-Mesdemoiselles, je ne me suis pas présenté. Je suis Lionardo di ser Pedro da Vinci. Puis-je connaitre vos noms?
Et là, passez moi l’expression, nous en sommes restées sur le cul. Nous avions devant nous le grand Leonard de Vinci ! Du coup, nous avons bredouillé nos noms dans un amas de lettres et syllabes incompréhensible. Nos voix s’étant mélangées et nos paroles n’étant pas nettes…
-Ainsi vous vous nommez Mona et Lisa. Avez-vous un nom de famille ?
Alia a annoncé d’une petite voix toute interrogative un simple « Giocondo ». Cela sembla lui suffire.
La nuit étant bien tombée, il nous a proposé une chambre. Dans l’obscurité de la pièce, nous mîmes un temps fou à nous endormir. Peut-être parce que loger sous le même toit qu’un maître tel que notre hôte, était quelque chose d’excitant.
-« Giocondo » hein ? T’aurais pas pu trouver un autre nom ?
-Ben quoi ? Pour lui je suis Mona et toi Lisa, sur le coup j’ai pas réfléchi et j’ai sorti le premier nom qui me venait à l’esprit. Se défendit Alia.
-Oui mais quand même !
-Ah c’est bon. De toute façon, on va vite retourner dans notre époque. Et il rencontrera la vraie Mona Lisa plus tard. Et il sourira à la coïncidence. C’est tout.
-Tu sais quand il l’a peinte ?
-Non.
-De 1503 à 1506.
-Woa, comment tu sais ça ?
-Me suis renseignée. En attendant nous sommes en 1503… et en fin d‘année. Il faut qu’on parte rapidos si on ne veut pas se trouver nez à nez avec la vraie !
C’est sur ces réflexions que nous nous sommes endormies.
Inconscientes de ce qui se tramait autour de nous.
Leonard nous a gardées à domicile cinq jours, nous permettant ainsi de tenter de faire fonctionner notre portoloin quand il était absent, tout en ayant un toit et de la nourriture.
Il travaillait avec Michel Ange sur une fresque Murale. Mais nous n’avons pas voulu chercher plus loin. Le sixième jour, lors du repas du midi, il nous fut une étrange proposition, enfin surtout à moi.
-Ma chère Lisa, je m’excuse pour mes mots, mais vous m’obsédez. Dès que je ferme mes yeux, je vois votre visage. J’aimerais, avec votre permission, peindre votre portrait.
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Heureusement que mon assiette était vide, car je crois que ma mâchoire s’est fracassée dessus. Alia a recraché son verre de vin avant de me frapper sur le crâne, avec un regard noir qui semblait dire : « non mais tu les feras toutes ! ». Quoiqu’il en soit, à force de persuasion de la part de Léonard et malgré la colère d’Alia, je me retrouvais assis sur un siège au confort réduit, engoncée dans une robe d’époque, les mains croisées sur mon ventre à tenter de sourire alors que mon cœur n’y était pas. Je n’aimais déjà pas être en froid avec Alia, mais en plus quand ça arrive alors qu’on est seules et bloquées dans le passé, c’est franchement inconfortable.
Cela a duré quelques semaines… semaines d’enfer pour moi.
Dès que Léonard rentrait, il désirait reprendre sa peinture.
Alors je passais des heures, assise sur mon fauteuil, à attendre que la lumière passe tout en pensant à tout et rien. Alia me battait froid. D’abord parce que j’étais trop occupée par la peinture que je ne pouvais pas l’aider avec le portoloin. Et puis, j’étais encore une fois au centre des attentions, comme avec Vlad le vampire. Je ne pense pas qu’elle était excessivement jalouse mais l’accumulation d’attentions que j’occasionnais, devait très certainement l’énerver. Enfin, elle me la aussi fait comprendre avec quelques petits détails de rien du tout mais qui au final étaient assez désagréable. Ses coups d’œil noir quand elle passait derrière Léonard me rendaient très triste. Une bougie m’a malencontreusement brulé les sourcils, ils ont mis un temps fou à repousser. Une porte m’a coincé l’arrière de la chevelure. Et comme je n’ai pas pu me libérer, j’ai dû couper la mèche coupable. Je me suis retrouvée avec une coiffure inégale. J’ai dû porter un voile pour la séance de peinture pour ne pas qu’on voit les épis pointer de partout. Et enfin, mes culottes étaient très rêches et très irritantes. Rester assise dessus pendant des heures était un vrai calvaire. Mon sourire s’en est passablement ressenti…
Il a fallu un mois à Alia pour nous refaire un portoloin temporel.
Nous avons dû expliquer à notre hôte qui nous étions exactement.
Il fut fasciné et déçu que nous ne puissions pas lui révéler les secrets de notre époque.
Mais même avec cela, Léonard ne voulait pas nous laisser partir, car sa toile était loin d’être achevée. Finalement, ma camarde a pris une photo de moi tenant la pose et lui a donné en lui faisant promettre de ne jamais rien dire dessus et surtout de la bruler une fois la toile achevée. Il promit de ne jamais rien dire sur la jeune fille qui avait été son modèle. Nous avons pris le portoloin sous ses yeux émerveillés.
Etrangement nous sommes revenues le jour de notre départ.
Personne n’a jamais su que nous nous étions absentées, ni que notre aventure avait durée un peu plus d’un mois. Seul mon passage obligé chez un coiffeur fut vaguement remarqué. Le lendemain matin, dans la gazette du sorcier, il y avait un article sur le Louvres, Musée Parisien, où il était question d’un nettoyage de la Joconde. Le journaliste disait que malgré toutes leurs données, et après tant d’années, personne n’avait jamais pu percer totalement le mystère de cette inconnue du nom de Mona Lisa del Giocondo. Alia m’a regardé, et ensembles nous avons pouffé de rire, notre brouille oubliée.
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| Sandy Delvecchio, heureuse journaliste malchanceuse |
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