| L'interview de Vlad Tepes III |
Les deux reporters pour le Magie Magasine troisième du nom, Alia Muadib et Sandy Delvecchio, attendaient tranquillement sur le pas de la porte, regardant le merveilleux décor autour.
(Sandy : c’était ironique… Alia : tais-toi !).
Un homme de taille impressionnante et à l’allure austère
(Sandy : un croisement entre Hagrid et Rogue. Alia : mais tais-toi !!) vint leur ouvrir la porte. Il semblait aimable comme une porte de prison. Il les fit entrer et les dirigea dans un dédale de couloirs à en faire perdre la tête
(Alia : pourvu qu’on se perde pas … ENCORE ! Sandy : oh ça va hein !!).
Ils arrivèrent dans un grand salon, assez accueillant, avec une grande cheminée, de lourds rideaux, des chandeliers majestueux
(Sandy : et de la poussière en grande quantité. Alia : et deux-trois prises électriques aussi…).
Les deux filles attendirent un peu que leur hôte vienne les rejoindre.
(Sandy : En même temps ça n’est pas tout à fait vrai c’était pas dans cette pièce et il n’est pas venu avant qu’on ne ….. Alia : mais tu vas te taire oui ?? On avait dit qu’on oubliait certains détails !! Sandy : oups désolée, j’avais oublié.).
La porte s’ouvrit sur un homme brun au teint blafard, de grande taille, habillé d'un smoking d'une élégance d'un autre siècle et agrémenté d'une cape noire doublée d'un satin de soie rouge. Son nez était aquilin et sa prestance… Il était l’exemple type du vieux beau. Un fois les présentations faites, chacun s’installa dans un fauteuil confortable et l’interview concernant l’ancêtre de l’homme commença.
Alia : Cher prince, doit-on vous appeler par le titre de votre ancêtre le Prince Vlad Tepes III, grand héritier de l'ordre des Dragons ?
Vlad : J’avoue que ce titre honorifique me plaît énormément. Mais, je vous en prie, appelez-moi Vlad.
Sandy : Alors Vlad, votre famille est très ancienne. Excusez mon franc parlé, mais je trouve étonnant que vous ayez récupéré tous les titres et noms de votre ancêtre. Je sais que dans les grandes familles il est de coutume de prendre les prénoms des pères et grand-pères. Dans votre cas, on remonte bien plus en arrière.
Vlad, ses yeux se teintant de rouge un instant : Certaines ressemblances avec lui m’ont apporté cet héritage.
Sandy : Excusez-moi encore, mais comment peut-on trouver une ressemblance entre un petit bébé et un grand « empaleur » vieux de plusieurs siècles ?
Alia, mal à l’aise : Sandyyyyy….
Vlad : Evidement que la ressemblance est arrivée après. Il est évident qu’à ma naissance rien n’était pareil.
Sandy très insistante : Oui mais c’est à la naissance qu’on vous a donné vos noms … donc la ressemblance aurait dû être là.
Vlad, un regard mauvais : Pouvons-nous commencer cette interview sur mon ancêtre maintenant ou dois-je encore supporter vos insultes ?
Alia coupant la parole de son amie : Non non c’est bon, elle va se taire maintenant. Donc, d’après les historiens, votre ancêtre serait né en 1431 à Sighisoara en Roumanie. Est-ce la réalité ?
Vlad prudent : Oui et c’est aussi l’année où son père est devenu Chevalier de l’ordre du dragon, dracul dans notre langue.
Alia : Puisque vous parlez de son père, celui-ci emmenait souvent le prince et son frère Radu Le Bel ou L’Elégant dans ses expéditions contres les Turcs. C’est au cours d’une de ses campagnes qu’ils furent faits prisonniers.
Vlad énervé : Prisonniers ! Vous voulez dire laissés en otages par notre père qui avait fait un traité avec les Turcs. Mon frère, ce traitre, a adopté leurs coutumes et leur façon de penser. Moi, je les hais et je n’ai étudié leur langue et leur civilisation que pour mieux les combattre.
Sandy bouche bée : Euh… mais ... euh … comment ... c’est ...
Alia tout aussi perdue : Oh merlin, mais … vous êtes … non … impossible...
Sandy sans aucune dignité : Z’êtes le prince Vlad Tepchosetruc n°3 héritier de Norbert le Norvégien à crête ??
Vlad tentant de se reprendre : Votre élocution me gêne. Veuillez faire des phrases correctes et évitez de dire n’importe quoi.
Sandy : Vertes mais vous êtes votre ancêtre… il est vous … vous …enfin c’est ça ? Question stupide… vous venez de l’avouer.
Alia, voyant que Vlad s’énervait à nouveau : Votre anç… Vous êtes libérés par les Turcs en 1447, l’année où votre père est assassiné par les partisans de Jean Hunyadi, roi de Hongrie. Vous récupérez le trône et devenez Prince de Valachie en 1448 mais vous ne le gardez que quelques mois. N’est-ce pas ?
Vlad, rendant les armes : Je prends aussi le titre de mon père, grand héritier de l’ordre des dragons. Et pour répondre à votre question : Oui, les temps étaient troubles et n’importe quel bâtard pouvait renverser un prince de sang pour prendre sa place du moment qu’il avait les bons alliés. Mais mon oncle, le gouverneur de Moldavie et surtout son fils, mon cousin Etienne m’ont offert l’hospitalité et leur amitié.
Sandy songeuse : J’imagine bien nos héritiers sang-pur se faire piquer leur place par des sang-mêlés, voire des nés de moldus parce que leur père a fauté hors mariage… Dans le genre amour, gloire et sorcières ce serait le top.
Alia avec un regard noir à Sandy : Vous récupérez à nouveau votre trône de Valachie en 1456 à la mort de Jean Hunyadi et là vous devenez totalement incontrôlable en multipliant les expéditions guerrières contre vos ennemis de toujours les Turcs mais aussi contre certaines villes allemandes. C’est à cette époque que votre surnom de Tepes qui veut dire l’Empaleur, vous fut donné.
Vlad exaspéré : Comment voulez-vous faire régner l’ordre si vous ne vous faites pas respecter. Oui j’ai fait empaler des milliers de victimes, des Turcs, des Saxons, des paysans insoumis, des prêtres indépendants et des seigneurs rebelles. Mais que dites-vous de mon génie militaire qui permit de maintenir les Turcs hors des frontières du monde orthodoxe et catholique. Pendant mes campagnes ceux qui voulaient prendre mon trône savaient à quoi s’en tenir.
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Sandy avec un sourire ironique : Il est vrai que pendant cette période vous avez pu maintenir une espèce de paix en faisant la guerre. Astucieux.
Mais pourquoi prendre vos repas au milieu des empalés ? C’était l’odeur du sang et de la chair fraîche qui vous mettez en appétit ou les cris des malheureux que l’on empalait qui était doux à vos oreilles ?
Vlad avec un grand sourire, perdu dans ses souvenirs : Je dirais les deux. C’était un spectacle tellement réjouissant. Je me rappelle d’un jour où je faisais empaler des humains, comme d'habitude. Et sans discrimination s’il-vous-plaît. Jeunes et vieux, femmes et hommes. Il m’est même arrivé d’empaler l'âne d'un moine, puis le moine lui-même par-dessus... Enfin c’était le bon temps… Les gens essayaient toujours de se défendre des mains et des pieds et ils se tordaient, bondissaient comme des grenouilles. Il n’y a pas à dire, que de grâce ils montraient !
*Sandy fit semblant de vomir alors qu’Alia était vraiment à deux doigts de le faire*
Alia pâle et tentant de reprendre le dessus sur son estomac : A force d’assassiner les seigneurs puissants ou non, de tuer le dernier héritier Vladislas Dan III de la dynastie des Danesti, famille rivale à la vôtre, et avec le soutien de Mathias Corvin, fils de Jean Hunyadi et nouveau roi d’Hongrie, vous levez une armée de 20 000 hommes et repartez en campagne contre les Turcs.
Vlad un sourire nostalgique aux lèvres : Oui je me rappelle, j’engrangeais victoires sur victoires.
Sandy sarcastique : Et vantard en plus car vous ne manquiez pas de le faire savoir aux cours de l’Europe centrale.
Vlad gonflant sa poitrine de fierté : J’étais devenu le champion de l’Occident chrétien face aux Ottomans.
Sandy méprisante : Pourquoi tous les hommes sont-ils narcissiques ?
Vlad dédaigneux : Si le sultan Mehemet II ne m’avait pas envoyé une armée de 250 000 hommes en 1462, jamais Mathias Corvin ne m’aurait fait mettre en prison. Et jamais, mon frère ce félon, ce vendu aux Turcs n’aurait prit ma place sur mon trône. Je ne dis pas que j’ai été mal raité, au contraire j’ai eu droit à tous les égards dûs à mon rang. D’ailleurs j’ai pu épouser la propre sœur de Mathias, Ilona qui m’a donné quelques enfants en plus des illégitimes que j’avais déjà. Je me suis fait catholique pour sceller cette union.
Sandy très ironique : Que c’est beau l’amour…
Alia : Sandy encore un commentaire et je m’énerve !! Alors j’en étais où ? Ah oui. Vous vous êtes fait catholique pour sceller cette union ou pour essayer d’avoir les faveurs du Pape ?
Vlad hautain et méprisant : Pour qui me prenez-vous ?
Sandy soudain très gentille : Et donc vous avez des enfants… de charmants bambins je suppose.
Vlad : Effectivement, mais celui dont je suis le plus fier fut celui que l’on nomma Vlad Tepeles.
Alia : Tepeles comme dans « petit empaleur » ?
Vlad avec un sourire plein de fierté : Effectivement. Il a perpétué ma tradition de l’empalage. Un brave garçon.
Sandy en une merveilleuse imitation de Rogue : Mais bien sûr. Empaler de père en fils ... c’est comme la cuisine après tout. Molly est tellement fière de ses bonnes recettes qui se transmettent de mère en filles … là c’est pareil sauf qu’on fait du boudin principalement. Charmant, tout simplement charmant…
Alia coupant court voyant que Sandy continuait d’épiloguer : Bon reprenons, vous restez en captivité pendant 12 ans, vous êtes libéré en 1474 par Mathias Corvin.
Sandy avec un reniflement de mépris : Encore un indécis.
Vlad : Oui et l’année d’après il me confie un commandement dans une campagne contre les Turcs. Pendant le règne de mon freluquet de frère, ils avaient conquis Athènes, Trébizonde, la Bosnie et l’Herzégovine. Et c’est seulement pour cela que j’ai été libéré. Je suis revenu sur le trône en 1476.
Sandy en murmurant : A coups de pieu sûrement… Ca donne pas envie d’aller se pieuter ça…
Alia sans tenir compte de la réplique : Une fois votre trône récupéré vous repartez en campagne et vous tombez dans la dernière embuscade de votre vie au cours de laquelle vous la perdez en fin 1476... Vous y êtes d’ailleurs décapité… Et pourtant vous êtes là bien vivant devant nous …
Sandy en roulant des yeux : Et c’est que maintenant que tu te rends compte qu’on est en train d’interviewer un type né en 1431 ?? Ah t’es douée !!
Alia : Oh ça va hein. T’es pas curieuse de savoir comment il fait ? C’est quand même pas courant !
Sandy : Demande à Nicolas et Pernelle Flanel, je suis sûre qu’ils te répondront !!
Alia : Mais tu sais que tu m’énerves toi !!
Vlad avec un sourire énigmatique : Voyons, ne vous battez pas… Je compte bien m’occuper de vous deux, chacune votre tour.
Sandy un peu paniquée : Pourquoi je le sens pas là ?
Vlad agrandissant son sourire et dévoilant deux longues canines : Et vous avez bien raison de vous inquiéter.
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| Signé : les futures défuntes, empalées ou vidées de leur sang, Alia Muadib et Sandy Delvecchio.
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| L'interview de Sandy et Alia |
Ayant eu vent d'une interview d'un certain Vlad, votre chroniqueuse a profité de sa venue à Pré-Au-Lard pour prendre rendez-vous avec les deux pigistes. Soucieuse de bien vous le retranscrire dans son intégralité, je vous en fait part en détail.
Rita : Bonjour.
Sandy : Non, là il fait nuit.
Alia : Bonsoir.
Retenant un commentaire, elle sortit sa plume à papote et son calepin, avant de commander une carafe d'eau.
Rita : Comment allez-vous ? J'ai entendu dire que votre expédition avait été mouvementée. Que c'est-il passé ?
Alia : Il nous a été très difficile de partir.
Sandy : Alia ne voulait plus le lâcher, j'ai dû lui jeter un sortilège pour qu'elle me suive.
Rita : Comment ça?
Sandy : Dingue de lui, qu'elle était. Des mois et des mois qu'elle m'en parlait ; je pensais que le lui faire rencontrer était une bonne idée, qu'au final elle se rendrait compte qu'en vrai, il était loin d'être aussi bien que les légendes le laissaient entendre, mais nada.
Rita : C'est donc pour ça que vous êtes parties à sa recherche?
Sandy : Oh oui, et pour une première fois, ça a été mémorable.
Rita : Première fois?
Alia : Oui, la première expédition qu'on fait ensemble. On peut dire qu'il s'en sera passé des choses.
Rita : Vous sous-entendez que vous en projetez d'autres ? Vous pouvez nous en dire plus ?
Sandy : Rien de sûr encore pour le moment, nous préférons attendre.
Alia : Mais ça vaudra aussi le détour
Rita : Vous semblez de bonne humeur, bien qu'un peu de nostalgie se fait entendre dans votre voix. L'envie de retrouver le Prince n'est pas trop forte ?
Alia : Non finalement, un fantasme doit le rester, c'est mieux ainsi. Et puis il était quand même bien blafard, encore pire que l'autre fouine, je n'avais pas envie de me retrouver avec des rejetons ayant une tête pareille.
Rita : Vos futures expéditions n'auraient-elles pas pour but d'y remédier d'une certaine façon ? N'ayant pu être satisfaite cette fois-ci, vous envisagez peut être de continuer pour trouver chaussure à votre pied ?
- Il porte des vêtements de velours noir même sous la canicule. Parfois ce type m’inquiète.
Sandy : Qui sait, on verra bien où ça nous mène.
Rita : Et pas envie de retourner voir dans quelques années ce qu'il est devenu ? Peut-être que les quelques moments qu'il a passé à vos côtés ont été pour lui merveilleux et qu'il ne demande qu'à ce que vous le rejoignez pour l'éternité.
Alia : Nous verrons bien, peut être que si il change, je verrai les choses différemment...
Rita : Mais un homme comme ça ne devait sûrement pas être seul. Vous n'avez pas eu de soucis ?
Sandy : Sa compagne a montré sa jalousie mais il nous a affirmé que ce n'était rien, sa célébrité fait qu'elle est comme ça avec tous.
Rita : Pensez-vous que la légende est justifiée?
Alia : Tout à fait.
Sandy : Il est si... comment dire...
Alia : Il a des yeux « hypnotisants ». Et la manière dont il reçoit, qu'il nous a convié au repas et fait visiter sa demeure, je ne l'oublierai pas...
Rita : Mais avec tout ça, pour un homme de son âge, il serait quand même normal de faire des enfants. Aucun au bataillon ?
Alia : Si, quelques-uns, mais ils sont partis depuis longtemps...
Rita : Vous avez pu voir des photos ? Ils sont aussi terribles que vous le laissiez entendre plus haut ?
Sandy : Pour faire court, un individu pareil ne devrait pas avoir le droit de se multiplier.
Rita : J'ai entendu dire que vous même étiez enceinte. Selon les commentaires qui circulent à cet égart, pensez vous être bien placé pour faire des remarques de ce genre?
Sandy : Qui? Quoi? Comment?
Rita : Il semblerait bien que cela soit justifié finalement. Pour continuer, son univers doit vous avoir semblé bien pauvre par rapport à ce que vous connaissez. Le changement n'a pas été trop dur ?
Alia : Non, on a déjà été à la campagne, donc l'univers des vaches et des poules qu'on a vu en passant pour se rendre chez lui ne nous a pas dépaysé, surtout pour Sandy, c'est le décor quasi habituel si on peut dire.
Rita : Je crois que j'en ai suffisamment appris sur votre périple, et nos lecteurs aussi. Je vais devoir y aller. Je vous dis à une prochaine fois si vous refaites une expédition.
Sur ces derniers mots, je rangeai ma plume à papote dans mon sac et transplanai, d'autres affaires urgentes m'attendant ailleurs.
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| Rita Sketer |
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